Les mythes platoniciens en « République VI et VII »

 

Le paradigme de la ligne & l’Allégorie de la caverne

 

N ous sommes au début du livre VII de La République. L’enjeu du débat est d’importance : à qui doit-être confié le gouvernement de l’Etat ?  Bien des points ont été marqués depuis les différentes recherches de définitions, mêmes partielles, qui rythmaient les premiers livres de la République. Pour cerner de plus près ce que suppose cette question, il faut que l’on imagine une cité idéale, qui de toute nécessité sera idéalement juste. Composée de trois classes, à l’image des trois parties de l’âme, la cité parfaitement harmonieuse devra répondre à la triple exigence du travail (producteurs), du dévouement au bien public (gardiens), de la gestion rationnelle et sage (philosophes-magistrats).

Les futurs gouvernants ne pourront accéder à leur tâche qu’au terme de longs apprentissages et d’une rigoureuse éducation tant morale qu’intellectuelle.

Le passage de l’ignorance à la connaissance, objet essentiel de l’éducation, se fait par degrés, et cette gradation peut s’exprimer de façon analogique par le schéma de la ligne segmentée.

 

A/ Le Paradigme de la ligne

 

Prenons deux segments inégaux, eux-mêmes subdivisés en deux autres segments inégaux, tel que :

AC                                    DE                               AD

——           =                  – —-                   =     — —-

AD                                    DB                              DB

 

 

 

Les images que nous nous faisons des objets ne sont que des opinions. Lorsque je « dis d’une assiette qu’elle est ronde », je comprends ce je dis et les autres me comprennent mais seul celui qui fabrique l’assiette en a une « vision » droite ou correcte. Sait-il pour autant ce qu’est une assiette ? Le sait-il d’un point de vue rationnel ? En a-t-il besoin pour la fabriquer ?

A toutes ces questions, la réponse est négative. Le savoir-faire suffit au potier. Mais le potier est aussi un homme, et comme homme il peut avoir le désir de comprendre ce qu’il sait faire. Il devra alors fournir un effort supplémentaire et chercher ce qu’il y a de commun à toutes ces assiettes différentes qu’il fabrique. Ce point où leurs différences s’effacent et où elle deviennent les mêmes. Le potier peut bien faire certaines assiettes, l’homme lui peut les connaître toutes. Il devra s’élever, selon Platon bien sûr, qui n’était pas potier, à la considération de leur forme. De multiples assiettes peuvent se comprendre comme reproductions d’une même forme circulaire. L’assiette dans laquelle nous mangeons devient alors elle aussi une reproduction de cette forme, c’est-à-dire une image.

Nous voulions quitter le monde des images et nous découvrons que ce que nous tenions pour le « réel » n’était qu’une image du réel.

Ainsi progressivement l’intelligence ira-t-elle à la fois du plus illusoire au plus réel et du plus obscur au plus lumineux, les idées étant elles-mêmes éclairées par la source de toute lumière, le Bien.

L’analyse, même si elle prend la forme d’une figuration schématisée, reste abstraite, et demande à être illustrée. C’est à ce moment que, pour des raisons pédagogiques, nous passons dans la République, à l’allégorie de la caverne.

 

B/ Allégorie de la Caverne

 

Autrement dit, nous passons de l’analogie[1] à une allégorie. D’une conception statique, à une conception dynamique. L’analogie ne faisait que représenter schématiquement les degrés de connaissance correspondant aux degrés de l’être. L’allégorie va prendre une dimension d’autant plus pédagogique qu’elle va témoigner, déployer le récit, celui d’une ascension. Autrement dit, l’analogie est explicative, dans son schématisme, alors que l’allégorie est didactique, elle confère à une thèse abstraite une représentation concrète imagée et immédiatement compréhensible[2].

 

Représente-toi des hommes dans une caverne… Le récit va se dérouler en quatre temps, qui ne recouvre pas complètement les quatre degrés du schéma précédent :

-       un descriptif de la caverne et de notre enchaînement

-       l’arrachement hors de la caverne : la conversion et les premières épreuves

-       l’ascension vers la lumière

-       la nécessaire redescente vers les hommes encore enchaînés.

 

La Caverne Dans un espace fermé sur trois côtés et éclairé par un feu, des prisonniers enchaînés depuis leur enfance, le corps et la tête immobilisés, regardent défiler sur la paroi du fond de la grotte des ombres, tout en percevant indistinctement  des échos de voix.

Ombres et échos viennent de passants circulant derrière un petit mur et portant sur leur tête figurines et statuettes, elles-mêmes éclairées par le feu.

Aussi étranges soient-ils, ces hommes enchaînés sont « à notre image ». Car c’est bien de notre monde qu’il s’agit, et de notre tragique condition ; un monde artificiel fait de réalités que nous ne connaissons même pas pour elles-mêmes, dont nous ne percevons que l’apparence, l’ombre, l’écho, ou les mirages toujours changeants, fugaces et éphémères, à peine vraisemblables (ayant la semblance du vrai).

L’illusion est totale – puisque, depuis leur naissance, ces captifs confondent à leur insu la réalité avec les simulacres de la réalité -, mais somme toute confortable : passivement habitués à tout recevoir de l’extérieur, ils n’ont plus qu’à se tenir à l’opinion régnante.

Soumis aux rumeurs les plus versatiles, aux « on-dit » ou aux connaissances par oui-dire, aux modes ou aux idées reçues, ils n’ont jamais jugé, se contentant de préjugés (affirmations décrétées avant d’avoir été jugées), ils font leurs les bruits qui circulent, les avis les plus courants, les lieux communs en vigueur, fussent-ils les moins fondés, les plus superficiels ou les plus dangereux.

En proie au conditionnement, éventuellement à l’intoxication mentale, il y sont doublement enchaînés : d’abord parce que victimes, ensuite parce qu’ignorants de ce dont ils sont les victimes. Plus esclave encore que l’esclave, est esclave qui se croit libre.

 

La conversion (periagogê) « Qu’on libère l’un d’eux« . Qui est ce « on » mystérieux qui entreprend cette tâche ingrate de délier un prisonnier de ses chaînes, de le forcer à se retourner, de le contraindre à marcher vers le petit mur et regarder les objets dont il n’avait jusqu’alors perçu que des ombres ? La suite nous éclairera, mais a priori aucune interprétation n’est à exclure. « On » suivra en tout cas avec autorité notre captif jusqu’au bout, l’invitant à se dépasser continuellement.

C’est bien que la sortie de la caverne est un véritable arrachement. Elle suppose une conversion de tout notre être (convertere comme se retourner tout en entier) un renoncement au monde, une ascèse douloureuse. Eblouissement, aveuglement, souffrances de toutes sortes, n’ont pour effet d’abord que de provoquer rébellion et résistance, puis efforts pénibles, accomplis de mauvaise grâce dans la nostalgie d’une passivité perdue. Comme peuvent être éprouvants l’effort de réflexion, l’apprentissage des savoirs, l’accouchement des premiers jugements personnels, le passage du « on dit » au « je pense ». Comme peut être contraignante toute éducation, et douloureuse toute rupture. Mais les épreuves ne font que commencer…

 

L’Ascension (Anabasis) Dépassons le monde des objets sensibles, maintenant reconnus et identifiés, quittons la caverne et suivons le sentier escarpé, la côte rude et abrupte qui semble monter vers le soleil. Tout indique là encore, même si l’effort semble accepté, la dureté de cette lente ascension : c’est qu’il ne suffit pas de se défaire de ses anciennes et sécurisantes illusions, il faut maintenant partir en quête de la vérité. Et pour cela apprendre, et inlassablement apprendre. Apprendre particulièrement les sciences, les sciences abstraites (géométrie, arithmétique, astronomie…) qui, Platon l’explique plus loin, n’apportent pas tant par leurs contenus que par leur vertu formatrice : sciences « éveilleuses » et propédeutiques, elles accoutument  l’esprit à manier les choses abstraites (figures, nombre) et le préparent à l’abstraction suprême, celle des Idées. En ce sens, elles ne sont que le prélude de l’air qu’il faut apprendre, mais cela ne remet pourtant pas en  cause leur irréductible nécessité dans la recherche de la vérité.

 

La nécessaire redescente Jusqu’où monte le sentier escarpé ? Quel sommet peut-on atteindre ? Que signifie « là-haut » ?

 

Toute l’œuvre de Platon incite à la prudence : c’est que nul ici-bas ne peut atteindre la sagesse qui n’appartient qu’aux Dieux, ni la vérité que seules quelques âmes, non encore incarnées, ont eu le privilège de connaître autrefois[3]. L’amoureux d’opinion, le philodoxe de la caverne est certes devenu amoureux de la sagesse, mais l’on sait que l’amour n’est que tension, désir et quête[4].

La philosophie est quête de vérité, marche ascendante vers[5] et c’est dans cette dynamique qu’il faut la saisir[6] , non dans un repos, fût-il mérité, au terme de l’ascension.

Quoiqu’il en soit, « arrivé là-haut », c’est à dire au sommet de son effort personnel, il ne s’agira pas de permettre à l’homme de s’installer dans la quiétude des connaissances acquises ou le bonheur des vérités (re)trouvées. Tant d’autres, en bas, vivent encore dans l’ignorance et le mensonge. Comme si l’on n’avait pas le droit de conserver pour soi seul un bien, pourtant si durement conquis. Comme si l’acquisition n’avait de véritable sens que propagée et partagée.

Comme si le lieu de la philosophie ne devait pas être là-haut, dans la majestueuse « plaine de la vérité », mais bien en bas ; là où se trouvent les hommes, avec leurs joies et leurs détresses. Notre philosophe, alors, redescend. Piètre retour où se mêlent aveuglément maladresse d’un côté, ricanements, sarcasmes, voire menaces et désir de meurtre de l’autre. Après tout ,Socrate n’a-t-il pas lui-même été assassiné par les Athéniens, et tant d’autres persécutés par la bêtise et la suffisance de ceux qui ne veulent rien comprendre ?

Au schéma de la ligne segmentée, on pourrait ajouter la figure suivante :

 

La Ligne et l’Allégorie de la Caverne sont incontestablement proches par bien des points, l’une de l’autre. Mais l’allégorie, sur le mode de la narration dramatique, ajoute un élément dynamique d’importance : il n’y a pas seulement quatre degrés de l’être et quatre modes de connaissance ; il y a pour chacun (des captifs que nous sommes) la possibilité de quitter sa propre caverne[7], et de faire l’ascension vers la vérité. Non sans souffrance certes, et avec l’obligation de ne pas oublier ceux qui ignorent encore[8].

A la rigidité d’une figuration quasi mathématique, l’allégorie substitue ou ajoute un véritable drame humain, qui nous renvoie à nous-même…

 

Dialectique ascendante et dialectique descendante Articulée au texte du livre VI qui la précède, l’allégorie pose l’un des problèmes les plus délicats de la philosophie platonicienne, celle des rapports entre l’être et la connaissance.

Si le monde sensible n’est que la grossière copie[9] du monde intelligible, si la seule véritable réalité est du côté des Idées, l’homme, lui est l’habitant des deux mondes : il peut certes se satisfaire de sa caverne d’illusions mensongères, mais il a aussi la capacité d’en sortir et d’approcher de la vérité. Le tragique apparent de notre condition humaine est compensé par un optimisme rationaliste, confiant dans la libération possible de l’homme par la connaissance.

C’est sans doute l’intérêt de ce mythe, au cœur même des préoccupations essentielles de Platon. Aussi trois images fortes peuvent être retenues : la captivité, la vision et le nécessaire retour.

Tout dans la caverne a couleur de prison. Le vocabulaire employé est sur ce point largement explicite : prisonniers, captifs, esclaves, chaînes, corps immobilisés… comme l’était celui de l’âme dans le Phédon « assujetti aux chaînes du corps », « cloué, collé, agrafée au corps » et corrélativement dans « la clôture du corps, vautrée dans une ignorance complète »[10].

Naissons-nous donc châtiés ? Sommes-nous pénalisés pour une faute antérieure ? Quoi qu’il en soit, la peine carcérale ne sera pas tant la misère, la souffrance, la solitude, ou même le travail, mais le mensonge. Nous sommes bernés, sans même le savoir ; nous vivons dans le leurre, en toute insouciance et ignorance. Mais châtiés sans doute, nous ne sommes pas pour autant condamnés. Et passées les épreuves du déliement, des liens, de la conversion et de l’éblouissement, tout prend au contraire une couleur de délivrance : l’ascension intellectuelle, ses apprentissages et ses acquisitions seront autant d’étapes vers la libération. En ce sens, l’éducation – et c’est le sens d’une psychagogie, psychologie des âmes, de leurs conduites droites – est une désaliénation.

 

La science, au sens d’un savoir, une épistèmè, constitue la possibilité même d’incarner un affranchissement, c’est à dire de faire (au sens de ce qu’elle est, et de sa pratique)  de la philosophie une délivrance.

Une image domine tout le texte, déjà largement présente dans la République VI, celle de la vue. Une vue abusée dans un premier temps, qui certes perçoit mais se trompe sur ce qu’elle perçoit. Une vue aveuglée par le feu, éblouie par le soleil, qui s’affine dans la lumière, mais qui est à nouveau brouillée par l’obscurité de la caverne retrouvée, réaveuglée par les ténèbres.

Plus loin, il sera dit, à propos de l’éducation, qu’on n’introduit pas le savoir dans l’âme « comme on introduirait la vue dans les yeux des aveugles[11]« . Toutes ces métaphores de l’aveuglement et de la vision, des ténèbres et de la lumière, des sources de luminosité, feu, soleil, Idée, Bien), de la perception sensible des fausses réalités et de la contemplation intelligible, sont une constante dans la philosophie platonicienne.

L’âme a vu avant de s’incarner[12], ou, au pire, n’a aperçu que quelques vérités, et sa vision préempirique déterminera ses capacités ici-bas au ressouvenir[13], donc au savoir comme le souligne le Phèdre.

La dialectique ascendante peut amener l’âme à la vision contemplante de l’Intelligible dans la lumière de l’Idée du Bien selon la République, comme l’amour peut permettre au terme d’une lente gradation de saisir intuitivement (intuere, voir) la Beauté, c’est à dire l’Absolu du Beau dans sa divine, immatérielle et éternelle majesté, comme en témoigne Le Banquet. La Vision est dans la philosophie platonicienne, l’acte spirituel par excellence.

Enfin, il y a l’impérieuse obligation du retour. Le message est limpide : « Il ne s’agira pas de leur donner licence de demeurer là-haut […] Vous devrez donc, chacun à votre tour, redescendre dans la demeure commune à tous ». La quête personnelle, exigeante mais gratifiante, de la vérité ne saurait se désolidariser du devoir, ingrat mais à terme fructueux, d’éducation de l’autre. Car avec l’éducation commence la politique, une mise en place du « vivre-ensemble ». Socrate, le philosophe de l’Agora, le savait bien, lui qui dit au travers de Platon dans l‘ Apologie de Socrate, qu’il n’est que le seul Athénien à « avoir pratiqué la véritable politique », celle-là même qui a vocation de modifier la cité en modifiant le citoyen.

 

Philosophie, pédagogie et politique ont ainsi été, à l’aurore même de notre civilisation, intimement et indissolublement liées. Message mal entendu et souvent oublié par les figures philosophiques de notre histoire.

L’intérêt pour ce que l’on raconte, ce que dit Platon, n’est pas autre chose que la pratique de la philosophie sans coupure, sans retranchement, sans rupture ou encore évasion, mais bien au contraire comme prise en charge d’une réalité, celle du monde, de l’histoire, bref de l’investissement de soi dans « la commune demeure ». A ses risques et périls…

 

Frédéric B.
Paris,  2011.

 


[1] Rappelons que la définition de l’analogie convoque nécessairement quatre termes, qui entretiennent des rapports deux à deux. On trouvera dans le corpus aristotélicien, en particulier les Seconds Analytiques, la mise en place de l’analogie, permettant de fonder les concepts de Genre et d’Espèce définis en Métaphysique livre Delta

[2] Paradoxalement, la possibilité de rendre concret ce qui semble abstrait, c’est à dire ce que l’on peut reprocher à la ligne, ne peut  se comprendre que dans un mythe.  Alors de quel concret parlons-nous ? Il faut revenir à la fonction du mythe qui, comme le souligne   les travaux de M. Dixsaut, Le Naturel philosophe, exprime une continuité de la pensée. Celle-ci, se déploie dans le logos et se poursuit dans le muthos.

[3] La question de l’âme platonicienne pose la problème de la théorie des idées. Le mythe de la procession des âmes ailées évoque la  contemplation les idées dans l’Hadès. Elles pâtiront (théorie de la réminiscence) dès lors qu’elles seront dans le monde sensible, c’est à dire dans les corps.

[4] On pourra dire que désirer philosopher, c’est philosopher, ou encore philosopher, c’est apprendre à mourir

[5] La téléologie est posée, conformément au monde grec qui suppose le mouvement. C’est parce que l’Idée est transcendante que  nous tendons vers elle. Cette position d’un monde clos est en opposition avec la formule de Spinoza « c’est parce que nous jugeons une chose bonne que nous tendons vers elle » : passage du téléologique au mécanique, de la morale à une éthique.

[6] Le philosopher est exprimé. Il s’agit de la possibilité de capter l’essence des choses et en ce sens on le substantive, d’autant mieux, qu’il dit quelque chose de la substantialité. Mais comme saisir l’essence, ce n’est jamais qu’être en recherche, conformément à la proposition je ne sais qu’une seule chose c’est que je ne sais rien, on conservera la forme verbale de l’infinitif.

[7] Le naturel philosophe n’est pas traité identiquement dans les pensées de Platon et d’Aristote. Tous n’ont pas l’âme inclinée, au philosopher. Platon suppose d’autant mieux dans la République, dans l’organisation de la cité, de prendre en charge l’aptitude philosophique de quelques-uns, (tous ne voudront pas faire le voyage) à la différence d’Aristote, qui propose un devenir plus large, pour un plus grand nombre.

[8] Philosopher, « penser droitement » contient une éthique propre au « sujet » philosophant. De fait celui qui philosophe ne pourra pas ne pas redescendre, mais il ne pourra pas pour autant faire le voyage pour le compte d’autrui.

[9] L’œuvre d’art au sens platonicien est au service de l’éducation des âmes. Elle est analogiquement aux copies, ce qu’est le sensible à l’intelligible. Cette position montre que l’œuvre d’art doit respecter les enjeux moraux que Platon lui attribue, mais surtout que si elle produit de l’essence, d’où son statut particulier, elle ne le fait que métaphoriquement comme le souligne H.Joly. dans Le renversement platonicien

[10] Phédon., 83 d-e

[11] La question de la cécité est récurrente en philosophie. L’ère des modernes, le XVIIème siècle, ne manquera pas dans les questions du mécanisme de situer le voir du côté d’une construction de l’esprit « en » l’esprit infini. Ainsi N. de Malebranche fera de la vision en Dieu la possible garantie d’une connaissance vraie. Proche certes du cartésianisme mais refusant l’innéisme, c’est à dire les semences de vérités éternelles dont nous serions pourvus, Malebranche garantit ainsi notre droite définition de Dieu, mais surtout  la possibilité de nous définir comme sujet, à partir de l’idée de perfection divine.

[12] La contemplation des Idées, par l’âme, revient à penser la question de la déliaison de l’âme avec le corps. Autrement dit, il s’agit d’esquisser le projet d’une vie philosophique et sa prise en charge de la question de la mort (cf. Phédon)

[13] Le ressouvenir est la question de la réminiscence. Celle-ci n’est pas autre chose que le fait d’oublier ce que l’on a oublié. La réduplication de l’oubli  laisse place à une possibilité d’une théorie de la connaissance. L’âme pâtit de l’idée de Beau, connaître l’Idée, l’Intelligible, c’est « re-connaître ». Bien que cette thématique soit le propre des dialogues et non directement de la République,  la théorie de la connaissance de Platon est formée avec les matériaux que sont les notions de mémoire et de perception (visuelle), exprimées  à l’aide de relations dynamiques, comme par exemple la dialectique.

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